FABRIQUE DE TOILES PEINTES JAPUIS
Elle avait fait son apparition en 1774, Jean
Japuis, coloriste à Mulhouse, protestant, issu d’une famille française émigrée en Suisse, était venu accompagné de deux amis Haguenauer imprimeur et Jean Davoine graveur, ils installèrent la
fabrique d’Indiennes dans les communs inoccupés du château du prince de Polignac (près de la gare à bateau du canal de l’Ourcq) puis près de l’église, ce qui leur valut la protection du seigneur
du lieu, une réussite s’ensuivit, l’engouement de la Cour, le blocus continental, puis la destruction en 1815 de la manufacture d’Oberkampf (Jouy-en Josas), favorisèrent le développement de
l’entreprise, dès le début du 19e siècle l’atelier dut être agrandi et transféré dans l’ancien potager seigneurial, rue Berthe
(actuellement rue Eugène Varlin), à quelques pas de la maison des Varlin. Puis l’usine s’installa rue de Vilaine (emplacement Jardins Anglais et usine Wabco). En 1800 près de 100 habitants sur les 200 que comptaient le quartier de Voisins et Vilaine travaillaient pour la
maison Japuis, les uns lavaient les toiles indiennes et persanes dans la Beuvronne, d’autres imprimaient à la planche ou au rouleau, d’autres encore, des femmes surtout, gravaient le bois à
domicile.
L’entreprise Japuis et le Canal de
l’Ourcq permirent à la population de Claye-Souilly d’augmenter passant de 878 habitants en 1800 à 1866
habitants en 1866, en effet à la mort de Jean Japuis en 1830, l’entreprise comptait près de 400 ouvriers.
Elle avait pour fournisseurs dans la commune
les tisserands (Geanty,…..), les brossiers, les tallandiers, les menuisiers, les potiers, les scieries.
Les enfants entraient à la manufacture dès
l’âge de 7 ans, scolarité réduite pour les garçons, pratiquement inexistante pour les filles, horaire entre 8 et 12 heures par jour.
Les conditions de travail très pénibles, l’illettrisme encourageaient un relâchement des liens moraux, les registres d’état-civil du 19 ème siècle nous apprennent que nombre jeunes filles travaillant à la fabrique étaient mères célibataires.
Les catégories professionnelles étaient
divisées comme suit :
- Les cadres de l’entreprise, le
dessinateur, personnage clé (en général artiste peintre de fleurs), le coloriste, le graveur.
- Les ouvriers spécialisés :
l’imprimeur, le tireur, le laveur, le metteur sur bois… et les journaliers.
Les Japuis seront toujours associés dans les
différentes entreprises de fabrication d’indiennes et toiles peintes jusqu’en 1914 lorsque l’entreprise sera rachetée par la Société d’Impression des
Vosges et de Normandie « S.I.V.N. ».
Ils seront membres de pratiquement tous les
conseils municipaux, l’un deux Hector Japuis, sera maire de Claye-Souilly de 1876 à 1880.
Ils obtiendront entre 1852 et 1872 des
médailles aux expositions de Paris, Londres et Vienne.
Jean-Baptiste Japuis recevra la légion
d’honneur des mains de Louis Philippe après l’exposition universelle de 1839.
Parmi leurs associés, nous citerons : Miéville, Favre, Fortier, Wly, Kastner, Carteron, Marigny, Wilhem,
Trevet….
Pourquoi Jean Japuis s’installa à Claye, pour la qualité de l’eau de
la Beuvronne, pour la facilité des communications avec Paris, ou pour moins payer la main d’oeuvre ?
On sait qu’il revint rue de Vilaine à l’emplacement même, abandonné
plusieurs siècles plutôt par d’autres protestants, près du lieu où ils enterraient leurs morts.
Plusieurs chercheurs
s’intéressent au sujet et nous vous tiendrons au courant de la suite de leurs recherches.
Sources :
- Notes d’Emile Guichard parues à partir du N° 19 de décembre 1950 du bulletin paroissial « Ici
Claye-Souilly ».
- Magasin Pittoresque 1852.
- Eugène Varlin par Maurice Foulon, éditions Montlouis 1934.
- Médiathèque de Meaux : Publicateur 07/1879, 12/1879, 12/1914, Histoire du monde 1789/1819 - AD77 : Toile imprimée, extrait histoire Manufacture de Jouy et de le toile imprimée au XVIIIème siècle Clouzat.