Edme, Louis, Barthélémy BAILLY DE JUILLY
Député de Seine et Marne
06/11/1792 - 26/10/1795 : Seine-et-Marne – Modérés
14/10/1795 - 26/12/1799 : Seine-et-Marne - Clichyens
Membre de la Convention et député au Conseil des
Cinq-Cents, né à Saint-Phal (Aube), le 18 mars 1760, mort à Paris, le 26 juillet 1819, était oratorien et professeur au collège de Juilly au moment de la Révolution. Il prit alors
une charge d'avocat au Parlement et devint, en
1790, administrateur du département de Seine-et-Marne. Elu, le 6 novembre 1792, membre de la Convention pour ce département, par 259 voix sur 349 votants, il siégea parmi les modérés et prit
deux fois la parole dans le procès de Louis XVI; au 2e appel nominal, il répondit : «Citoyens, je n'examinerai point dans ce moment si vos commettants vous ont déféré des
pouvoirs judiciaires, mais je vous citerai un fait : dans l'assemblée électorale du département de Seine-et-Marne, lorsqu'on eut nommé les députés à la Convention nationale, on
était si persuadé qu'ils ne seraient point les
juges de Louis XVI, qu'en procédant la nomination du Haut-jury, on eut soin d'inviter les électeurs à ne
choisir que des patriotes fermer et intrépides, parce que l'on dit qu'ils avaient à juger Louis Capet. D'après ce fait, dont je
prends à témoin mes collègues, convaincu que la seule mesure de légaliser la marche que nous avons suivie jusqu'ici est la sanction du peuple. je dis oui;» Au 3e appel nominal, il dit : « Louis
mérite la mort. Mais, dans mon opinion, je le regarde comme un otage nécessaire à la tranquillité publique. J'adopte donc, comme mesure de sûreté générale, la réclusion provisoire, et le
bannissement perpétuel deux ans après la paix. »
Il fut secrétaire de la Convention en 1794, puis envoyé en mission à Strasbourg, ou sa modération lui valut la haine et les dénonciations des Jacobins. En août 1795, il s'éleva
contre les dénonciations incessantes de Dubois-Crancé, et, devenu membre du Comité de sûreté générale, lutta autant qu'il put contre le système des proscriptions en masse.
Le 22 vendémiaire an IV, le département de Seine-et-Marne l'envoya au Conseil des Cinq-Cents ; là, il fit partie du club de Clichy, et fut inscrit sur la liste des déportés au 18 fructidor; Malès
l'en fit rayer eu assurant, contre la vérité, qu'il était prêtre assermenté et marié. Réélu au Conseil des Cinq-Cents, le 28 germinal an VII, il en sortit après le 18 brumaire, et fut nommé à la
préfecture du Lot, qu'il occupa jusqu'en 1813, et oit il obtint la croix de la Légion d'honneur, le 25 prairial an XII, celle d'officier, le 29 juillet 1808, et le titre de baron de l'Empire, le 30 septembre 1811. Il quitta son poste
par suite d'ennuis administratifs dus à des abus de confiance commis dans ses bureaux, et se retira à la campagne, où il mourut des suites d'un accident de diligence.
Sources :
Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny)
Site Assemblée Nationale
